Foyer de l’Étoile : les amis d’Ali libèrent leur parole

Crédit photo : DR, Le Courrier

Le 27 mars dernier, un jeune immigré afghan s’est donné la mort au foyer de l’Etoile. C’est suite au décès de leur ami Ali Reza que de jeunes résidents et ex-résidents de ce même foyer sont venus nous demander de pouvoir témoigner. Révoltés, ils tenaient à dénoncer, de leur propre voix, les conditions de vie et d’accueil à Genève et plus particulièrement au sein de ce grand foyer. En en parlant avec eux, ce souhait d’être entendu est apparu comme un véritable besoin, pour que les choses changent mais aussi pour sortir de l’isolement.

Nous avons accueilli cette démarche avec attention, bien sûr, mais aussi avec prudence, les questions de leur âge, de leur colère et de leur vulnérabilité se sont posées à nous. A nos inquiétudes et aux risques éventuels que nous avons abordés avec eux, ils ont répondu par une détermination calme et réfléchie, ainsi qu’une grande clarté. Avec eux, nous avons donc décidé des conditions d’une prise de parole à la fois la plus autonome et la plus sécurisée possible.

Quand ces jeunes nous ont livré leurs témoignages, nous avons été sidérés par la violence de la situation qu’ils nous ont décrite à l’aide d’exemple très concrets de même que par la lucidité avec laquelle ils l’appréhendent et la décrivent. Vous trouverez des extraits de leurs déclarations dans les articles de presse:

https://www.rts.ch/info/regions/geneve/10365172-un-centre-d-hebergement-pour-requerants-fait-polemique-a-geneve.html

https://lecourrier.ch/2019/04/14/mineurs-non-accompagnes-personne-ne-nous-ecoute/

https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Des-jeunes-du-foyer-de-l-Etoile-temoignent-Vous-nimaginez-pas-comment-on-vit-labas/story/23803663

Ayant pu parler, ils nous expriment aujourd’hui leur satisfaction et leur reconnaissance. Sortir de l’invisibilité était leur première demande, ils espèrent aujourd’hui que cet acte courageux aura des effets bien concrets sur leur situation et, soulignent-ils, celle des jeunes mineurs à venir.

Aux personnes qui ont pris en charge ces jeunes au quotidien, parfois depuis des années, nous voulons dire que notre démarche ne vise aucunement à remettre en cause leur travail et leur engagement. Notre souhait est bien plutôt de dénoncer à leurs côtés un système qui rend impossible un suivi adéquat de ces jeunes. Nous les invitons à joindre leurs voix à celles de ces jeunes et celles des habitants et habitantes de ce canton qui sont indigné-es par cette situation. Les moyens existent, notamment financiers, pour réaliser un accueil et un accompagnement dignes de leurs noms, dans des foyers à taille humaine et avec le personnel nécessaire. Dans ces conditions, nul besoin d’agents de sécurité!

Pétition : DROIT DE RESTER POUR LES ERYTHRÉENNES ET ERYTHRÉENS !

Communiqué de la Coordination Asile.ge :

RDV jeudi 14 mars à 18h30 à la Salle Forum 1, rue du Village-Suisse 14 (CSP)

La pétition : état des lieux et perspectives

À ce jour, nous avons un peu plus de 3’000 signatures, la récolte se poursuit jusqu’au 14 mars, tant via la version papier que par internet : https://www.change.org/p/droit-de-rester-pour-les-%C3%A9rythr%C3%A9ennes-et-%C3%A9rythr%C3%A9ens
Merci de retourner toutes les feuilles au plus tard le 14 mars.
Nous discuterons de la remise de la pétition et de l’organisation de l’événement. Continuer la lecture de Pétition : DROIT DE RESTER POUR LES ERYTHRÉENNES ET ERYTHRÉENS !

10 ans de renvois Dublin par la Suisse : Le bilan de Solidarité Tattes

L’ Appel Dublin face à un mur !

Cela fait 10 ans que la Suisse profite largement des accords de Dublin pour se débarrasser de 30% des demandes d’asile qui lui sont adressées, en renvoyant les personnes surtout vers l’Italie. Comme vous le savez, nous avons rencontré les autorités fédérales à plusieurs reprises, dans le cadre de l’Appel Dublin, afin de tenter d’assouplir cette pratique, au moins pour les personnes vulnérables.

Mais, ce que Solidarité Tattes constate, c’est que nous sommes face à un mur et que rien ne bouge : Continuer la lecture de 10 ans de renvois Dublin par la Suisse : Le bilan de Solidarité Tattes

Renvois vers l’Italie de Jerreh et Saïd

Mme Torracinta, M. Hodgers, M. Apothéloz :
Où êtes-vous ? Que faites-vous ?

Malgré les recours juridiques, le récent rapport de l’OSAR, nos messages d’alerte aux autorités fédérales, nos interventions envers les autorités cantonales, Jerreh et Saïd vont être renvoyés vers l’Italie. Nous sommes face à la mise en danger de personnes vulnérables de la part de nos autorités et personne ne réagit ! Nous avons interpellé M. Gattiker (secrétaire d’état aux migrations) et M. Maudet (plus besoin de le présenter) au sujet de Jerreh et Saïd. Mais cela n’a eu aucun effet.

Jerreh, jeune homme originaire de Gambie, souffre de troubles psychiatriques pour lesquels il a besoin d’un traitement médicamenteux quotidien ainsi que de rendez-vous médicaux réguliers. Il est actuellement emprisonné à La Favra et va être renvoyé vers Rome juste après les fêtes.

Saïd, souffrant d’une maladie chronique qui nécessite un traitement quotidien, a été renvoyé à deux reprises en Italie (en janvier et août 2018). A deux reprises, il n’a eu accès ni à un logement ni à des soins et est donc revenu en Suisse. Il y a déposé une nouvelle demande d’asile. Mais les autorités persistent à vouloir le renvoyer vers l’Italie.

Le système d’asile italien est défaillant, c’est de notoriété publique. Le logement, les soins et la sécurité sont moins que jamais garantis dans l’Italie de Salvini. Les agressions de migrants sont quotidiennes. La Suisse doit immédiatement STOPPER les renvois vers l’Italie.

Mme Torracinta, M. Hodgers, M. Apothéloz : ce serait le moment qu’ils démontrent qui ils sont, qui ils représentent ! Il n’y a plus rien à attendre des autorités fédérales ni de leur collègue cantonal qui déraille. Nous leur demandons encore in extremis de prendre leurs responsabilités et de stopper les renvois de Jerreh et Saïd.

Communiqué de presse – Appel Dublin

Dix ans d’application du règlement Dublin : La société civile tire la sonnette d’alarme

Berne / Genève (12 décembre 2018) – Dans deux jours, cela fera dix ans que la Suisse est entrée dans l’espace Schengen / Dublin. Les associations qui défendent les réfugié-e-s et leurs droits tirent la sonnette d’alarme : les autorités suisses en charge de l’asile doivent davantage entrer en matière sur les demandes d’asile des personnes vulnérables.

Dublin, un système de plus en plus bureaucratique, inefficient et générateur de souffrance

Si l’accord de Dublin a souvent été défendu comme un système de coopération entre les États, le constat tiré de la réalité est tout autre. Continuer la lecture de Communiqué de presse – Appel Dublin

Les critères opaques de l’OCPM

Article de Maude Jaquet dans Le Courrier, dimanche 18 novembre 2018.

Photo de Jean-Patrick Di Silvestro
https://lecourrier.ch/2018/11/18/des-criteres-juges-opaques/

À lire sur le site internet du Courrier, en voici un extrait :
J’ai voulu prendre des notes pour clarifier les dates a posteriori avec la famille que j’accompagnais, mais la fonctionnaire s’est énervée. Elle a dit que je ne faisais pas de la traduction mais de l’accompagnement, et que je devais être mandatée pour le faire.» Depuis quatre ans, l’association Solidarité Tattes se mobilise pour apporter son soutien aux victimes de l’incendie du foyer éponyme. Plus largement, ses bénévoles proposent leur aide à tout demandeur d’asile qui souhaite être accompagné dans ses démarches auprès de l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM).

Du pointage pour obtenir l’aide d’urgence à la délivrance d’un permis N, le 90 route de Chancy est un passage obligé. Bien que répétitives, les démarches menées entre ces quatre murs sont théoriquement simples et essentiellement procédurières. Problème: à Genève, la machine administrative serait sujette, trop fréquemment, à des divergences d’application. Le Courrier a suivi Cécile Azoulnay, bénévole de Solidarité Tattes, dans la salle d’attente du service Asile et migration.

Ayop est libre!

Ayop, sinistré de l’incendie des Tattes, a été libéré

Aujourd’hui, 2 novembre 2018 14h30, nous apprenons qu’Ayop Aziz va être libéré dans l’heure. Le recours déposé par son avocat a eu son effet et notre soutien solidaire aussi sans doute. Ayop n’était pas seul lors de sa comparution au Tribunal, il a entendu nos encouragements lors de la manifestation devant l’hôtel-de-ville le 19 octobre, il a reçu des coups de téléphone de ses amis pendant son incarcération pénible à Frambois (les détenus sont enfermés dans leur chambre de 21h à 8h le lendemain matin!).
Nous ne lâcherons pas Ayop, comme nous ne lâcherons pas les 40 autres victimes de l’incendie des Tattes: indemnisation et permis de séjour pour les sinistrés des Tattes!

Liberté et papiers pour Ayop ! Faites signer la pétition

Après le rassemblement du vendredi 19 octobre en face de l’Hôtel-de-ville, il faut maintenir la pression sur le Conseil d’Etat. Afin d’aider Ayop :

  • Téléchargez la pétition papier pour la faire signer autour de vous !

  • Et signez également la version en ligne, afin de demander au Grand Conseil et au Conseil d’Etat la mise en liberté immédiate d’Ayop Aziz ainsi que l’octroi d’une autorisation de séjour.

Solidarité Tattes est une association citoyenne qui se bat pour des conditions de vie dignes et pour un accueil inconditionnel des migrant·e·s.